Le T-shirt graphique. Une toile vierge. Un manifeste. Une déclaration d’appartenance. Son histoire ne suit pas la mode, mais le besoin d’expression. Né au début du XXe siècle comme sous-vêtement militaire, le T-shirt imprimé fit sa première apparition dans l’armée américaine. Les soldats, marquant leur loyauté, peignaient des insignes sur leurs T-shirts en cotonplante cultivée en amérique du nord dès le xviie siècle More blanc. Le message était simple : j’appartiens à l’armée ; voici mon numéro de matricule.
Après la guerre, le T-shirt rompit les rangs. Bien sûr, il est devenu synonyme d’Elvis et de James Dean. Le premier T-shirt de fan de groupe serait apparu dans un fan-club d’Elvis, où des T-shirts unis avaient été imprimés avec des messages dédiés à leur idole. La contre-culture s’en est emparée comme symbole de rébellion. Les années 1960 virent émerger des imprimés psychédéliques, des emblèmes de groupes de rock, mais aussi des slogans politiques sur les T-shirts. Warren Dayton en fit un art contestataire : l’image de Che Guevara, la résistance imprimée sur tissu. Le smiley, « I Heart NY »… Le T-shirt graphique s’exprimait dans une langue nouvelle, claire, audacieuse. Aujourd’hui, il fait partie de l’inconscient collectif.
Puis, dans les années 1980, les créateurs de mode s’emparèrent du T-shirt graphique. Les marques transformèrent le T-shirt en panneau publicitaire. Les logos devinrent une nouvelle monnaie. Mais la rébellion persistait. Les groupes punk déchiraient leurs T-shirts, les skateurs et les artistes hip-hop les portaient oversized, imprimés d’icônes urbaines. Le grunge les dépouilla : délavés, effilochés, authentiques. Certains T-shirts devinrent aussi iconiques que ceux qui les portaient.
Avec l’arrivée du nouveau millénaire est apparue la culture indie, autour de groupes comme The Strokes. Ils aimaient associer des costumes ajustés et élégants avec des t-shirts imprimés des logos d’autres groupes, de chanteurs ou de leurs livres préférés. Les références étaient clairement inspirées des Mods britanniques : cravates fines, bottines élégantes, couleurs contrastantes. Hedi Slimane a popularisé ce look en lui donnant une touche plus punk, avec des jeans noirs skinny déchirés, des t-shirts effilochés à l’ourlet et des vestes de costume ultra-ajustées.
En dehors de la culture indie, dans les années 1990 et au début des années 2000, l’impression numérique explosa. La culture DIY prit le dessus, et les subcultures s’épanouirent : skateurs, surfeurs, graffeurs – leurs univers s’incarnaient dans le T-shirt graphique. Les marques de streetwear créèrent des identités visuelles uniques à travers leurs imprimés. Une fois de plus, le T-shirt graphique se fit l’uniforme de l’underground.

CASABLANCAS, Julian, mus. VALENSI, Nick, mus. New York, ca. 2001.

COCKER, Jarvis, mus. MCMAHON, Brenda, photog. Unknown Location, ca. 2003.

LEDGER, Heath, act. STIPE, Michael, mus. New York. 2008.

LENNON, John, mus. New York. 1997.

MARGIELA, Martin, desig. 1989.

NEWMAN, Paul, act. USA, ca. 1958.
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