LES FENTES

À la naissance de la veste moderne au XIXe siècle, le dos du vêtement ne comportait pas de fente afin de ne pas altérer son cintrage. Les vestes alors plutôt ajustées se révèlent peu pratiques en position assise. Seules les frac et autres vestes de cérémonie longues comportaient de longues fentes.

Uniforme d’officier et naissance des fentes

Il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que les fentes fassent leur apparition sur des vestons à la ville. Une seule au départ et au milieu du dos, dans l’esprit des vestons d’uniforme portés par les officiers, ainsi que par les cavaliers. La veste est ainsi beaucoup plus fluide et mobile, et le dos ne froisse plus lorsque l’on s’assoit.

Deux Fentes : 

Dans les années 40, la veste se dote d’une seconde fente. Les hommes déambulent les mains plongées dans les larges poches de leur pantalon à la coupe ample sans risque d’altérer la coupe de la veste. Les deux fentes donnent à la silhouette une impression plus rectangulaire, tandis que les vestes à une ou sans fente sont plus cylindriques.

Retour de la fente unique et réminiscence des années 20 

Les années 60 se traduisent par la démocratisation du blazer bouton doré qui devient l’uniforme des étudiants de l’IVY. Reprenant pour modèle les vestes d’uniforme des écoles anglaises des années 20, les blazers américains comportent une seule fente, appelée “fente marteau” en raison de la forme de la couture à sa naissance.

Les années 70 sont marquées par un retour à la veste à une fente. En parallèle à l’élargissement des revers et par souci d’équilibre des proportions, la fente devient d’autant plus plongeante.

L a disparition des fentes : naissance du costume de designer 

Les années 80, avec pour tête de file le couturier Armani, se caractérisent par une suppression de la fente. Les vestes sont plus amples et les pantalons plus taille basse. Ce volume regagné permet aux vestes de délaisser leurs fentes sans perdre en confort.

Hedi Slimane détourne les vestes de costumes de friperies mal taillées pour en faire des pièces de luxe. Les mannequins défilent en vestes de costumes courtes sans fentes. Croisées ou droites, les vestons sont vus de dos comme des blocs uniformes. Graphisme et pureté de la ligne.

In the Mood for Love, par Wong Kar-wai. 2000.

phot. Lothar Wolleh. Oliver Wolleh. Berlin.

Street Scene Man en costumes à rayures, par Leon Levinstein. Howard Greenberg Gallery. New York. 1970

David Bowie, Cool in Chelsea. par Clive Arrowsmith. 1977.

Fente marteau, archives husbands. 2019.

  • L’ÉPAULE
    «Les couturiers y voient aussi l’endroit de leur singularité.»
  • KITANO, TROIS MOUVEMENTS
    «Kitano cautérise l’émotion, réduit le récit, affine le dialogue.»
  • LE PICK STITCH
    « historiquement réalisé à la main avec un détail visuel frappant dans les tissus plus légers et plus brillants »
  • LES HOMMES DE MODIANO
    «En miroir, c’est l’uniforme de Modiano lui-même qui se dessine.»
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