Un croisement entre le chino et le pantalon de costume, le ‘sta prest’ est un artefact de son époque.
Il répond à un besoin commun: celui de pouvoir éprouver ses vêtements tout en conservant leur forme. Le nom ‘sta prest’ nomme cet objectif: ‘stay pressed’, qui reste ‘repassé.’
Avant d’être le nom d’un pantalon, le ‘sta prest’ est celui d’un processus. C’est la manufacture californienne Koret qui dépose le brevet des plis permanents en 1961. Les pantalons étaient repassés, puis enduits de résine et chauffés au four, assurant la cohésion de la résine avec le tissu.
STA-PREST, School Days. 1980.
La technologie se propage alors jusqu’au Tennessee d’abord, où elle trouve son nom et son succès. Les premiers vêtements ‘Sta Prest’ sont faits entièrement en coton - en tissage de twill ou en satin de coton. Mais la ligne ne restait pas: c’est pour assurer sa permanence que les matières synthétiques furent introduites.
Le ‘polycoton’, mélange de polyester et de coton devint la matière privilégiée des vêtements ‘sta prest.’ La pièce traditionnelle est un pantalon blanc, fait exactement à moitié en coton, et à moitié en polyester. Elle fut un succès dès son lancement. Levi’s, puis Lee, puis Wrangler s’en emparent: le ‘sta prest’ est un emblème des années 1960.
Style in the streets, The Observer. 1980.
Récit folklorique autant qu’argument de vente, la légende raconte qu’un responsable de ventes aurait enlevé et jeté son pantalon dans la machine à laver de son client pour montrer la résistance du pli au lavage.
Efficaces, ces méthodes donnèrent lieu à un important commerce, se déclinant en vestes et pantalons - le plus souvent blancs, mais aussi marrons, verts ‘bouteille’, ou bleu électrique.
The Jam. All Mod Cons. 1978.
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phot. unknown. circa 1980.
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Sa partie synthétique assure une durabilité au ‘sta prest.’ Habillé et résistant, il est alors très prisé de l’Ivy League américaine: portable pour danser, portable pour étudier.
De l’autre côté de l’atlantique, c’est aussi sa durabilité qui fait son attrait. Les skinheads de la fin des années 1960 en font la pièce centrale de leur uniforme: bretelles, sta prest, bottes. Les Chelsea Shed Boys, supporters du groupe de football Chelsea, marient musique et sport, fondant une contreculture hybride. Sur les quelques photos qui survivent à cette époque, tous portent des ‘sta prest.’
The Jam. WELLER, Paul. London. 1978.
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